Il n'y a pas de Vrai Combat sans Combattants .... Notre combat est JUSTE !
lundi 5 décembre 2011
mercredi 30 novembre 2011
Florange - Hollande rencontre Barroso aujourd'hui
Florange - Hollande rencontre Barroso aujourd'hui
Les sidérurgistes lorrains veulent garder espoir.
France Télévisions Lorraine.
Il veut plaider pour le soutien européen au projet ULCOS.
Francois Hollande va rencontrer José Manuel Barroso Barroso mercredi 30 novembre 2011 après-midi pour plaider en faveur de la réalisation à Florange du projet européen de captage-stockage de CO2 ULCOS, jugé "vital" pour la sidérurgie lorraine.
Vidéo
- Florange - Blocage des voiesVoir cette vidéo
- Lorraine - Eric Besson soutient ULCOSVoir cette vidéo
- ArcelorMittal - Réactions à LiègeVoir cette vidéo
- Arcelor - Fermeture de Liège, réactions lorrainesVoir cette vidéo
- Liège - Colère chez ArcelorMittalVoir cette vidéo
- Hayange - ArcelorMittal - Dernière coulée continueVoir cette vidéo
- ArcelorMittal Florange - Tous mobilisésVoir cette vidéo
- Florange - Inquiétudes à Arcelor MittalVoir cette vidéo
- Moselle - Un haut fourneau en arrêt chez ArcelorVoir cette vidéo
- Luxembourg - Manifestation à Arcelor MittalVoir cette vidéo
- La Lorraine et les bénéfices d'ArcelorVoir cette vidéo
Le candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2012 rendra compte ensuite de son entretien aux syndicats d'ArcelorMittal-Florange.
Les hauts-fourneaux lorrains seront-ils rallumés un jour ?
Alors qu'une "journée d'action et de grève dans l'ensemble des sites ArcelorMittal en Europe" est annoncée pour le mercredi 7 décembre 2011 afin de dénoncer "la casse industrielle", un comité central d'entreprise a officialisé mercredi 23 novembre les mesures de chômage partiel pour le 1er trimestre 2012.
Les organisations syndicales avaient été convoquées par la direction d'ArcelorMittal Florange mercredi 9 novembre 2011 qui leur a annoncé que l'arrêt de la Filière Liquide se prolonge finalement pendant le premier trimestre 2012 et que c'est désormais l'Etamage 2 du Packaging qui est placé en arrêt temporaire.
Selon la CGT, qui dénonce la casse industrielle organisée sur Florange par petit bout, 40 à 50 salariés de l'Etamage vont ainsi grossir les rangs des 600 salariés des Usines à Chaud déjà touchés par les arrêts imposés pour des raisons financières exclusivement.
Pour ces personnels, une demande de chômage partiel a été demandé aux pouvoirs public pour le 1 trimestre 2012.
Pour ces personnels, une demande de chômage partiel a été demandé aux pouvoirs public pour le 1 trimestre 2012.
Deux informations-consultations sont programmées dans les jours à venir : un CCE le mercredi 23 novembre et un CHSCT sur le fonctionnement du Packaging.
Chronologie des faits :
3.000 salariés travaillent au printemps 2011 dans la vallée de la Fensch.
Le haut-fourneau P3 est arrêté le 6 juin 2011.
Suite à la réunion du CCE d'Arcelor Mittal à Paris le jeudi 8 septembre, le P6, second haut-fourneau de la Fensch est *à son tour être arrêté le 1er octobre de même que la totalité du train à chaud et ce jusqu’à une date indéterminée .
Avec cette fermeture -annoncée provisoire- de la filière chaude ce sont plus de 2.000 emplois directs dont 400 emplois intérimaires qui sont impactés. Selon les prévisions, 700 salariés du groupe vont se retrouver au chômage technique.
Salariés, syndicalistes et représentants politiques sont en colère. Ils dénoncent une décision motivée uniquement par le profit : Arcelor-Mittal veut réduire au maximum ses stocks face à la baisse des commandes afin de maintenir ses prix.
Mais cette décision pourrait être lourde de conséquence : rallumer un haut-fourneau comme en 2010 est une opération délicate et aucune date n'a été anoncée pour la reprise de l'activité. Arcelor-Mittal vient-elle de condamner à mort la filière chaude ? Et par ricochet le projet ULCOS mais également de nombreuses entreprises locale de sous-traitance, toutes filières confondues ? Ou toute cette opération n'est-elle qu'un vaste chantage financier du magnat indien de l'acier ?
Les sidérurgistes mosellans en tout cas, ne cachent pas leur inquiétude de vivre un nouveau Longwy...
Le vendredi 9 septembre en matinée, la direction d'Arcelor-Mittal, fait rarissime, tient une conférence de presse pour expliquer que les conséquences économiques et social de la décision de fermer la filière chaude lorraine était moins grave que ce qu'annoncaient les syndicats. Mais sans réellement convaincre.
De leur côté, les syndicats de Florange organisent à la mi-journée un rassemblement au passage à niveau de Daspich par lequel transitent les trains de fret transportant les produits d'Arcelor-Mittal pour dénoncer les décisions du groupe industriel.
A cette occasion, près de 500 personnes ont bloqué les voies.
Pour l'Etat, face aux critiques de l'opposition et des candidats socialistes à la primaire en vue de l'élection présidentielle, le ministre de l’Industrie Eric Besson a annoncé qu’il allait "recevoir la direction du groupe pour s’assurer que tout est fait pour pouvoir redémarrer le site dès que possible".
Le sidérurgiste ArcelorMittal a affirmé dans un communiqué le mercredi 14 septembre au ministre du Travail, Xavier Bertrand et à celui de l'Industrie Eric Besson, qu'il n'aurait pas recours à des licenciements sur le site lorrain de Florange dont les deux hauts-fourneaux sont mis en veille. "ArcelorMittal exclu tout recours à des licenciements dans le cadre de cet arrêt temporaire" explique le communiqué.
De son côté le jeudi 22 septembre, Christian de Lavernée, Préfet de la région Lorraine, a demandé à Arcelor Mittal de présenter au Comité d'Entreprise le programme de maintenance sur lequel le groupe s'est engagé le 14 septembre auprès des ministres du Travail et de l'Industrie, afin de garantir dans de bonnes conditions techniques le redémarrage et le maintien de l’outil de production.
Au lendemain de l'annonce de fermetures provisoires de sites luxembourgeois, à l'appel de l'intersyndicale lorraine, plusieurs centaines de salariés rejoint par des élus avaient manifesté vendredi 23 septembre à 10h devant les Grands Bureaux de Florange "pour dénoncer la casse de nos outils de production et de nos emplois" et organisé à cette occasion une soupe populaire.
A l'occasion du CE extraordinaire du jeudi 29 septembre 2011, le groupe ArcelorMittal a présenté son projet d'arrêt temporaire de la filière liquide Lorraine qui intervient dès le 1er octobre.
Selon les documents présentés par la direction, 1511 salariés dont 595 des sites de Florange (CDI, intérimaires et apprentis) et 390 sous-traitants seront concernés par cette fermeture justifiée par une baisse des commandes, en raison notamment des conséquences de la sécheresse sur le marché de l'acier.
En réponse, les syndicats ont dénoncé un projet basé exclusivement sur de la rentabilité financière et exigent le paiement intégral des salaires pendant la période de chômage partiel pour les salariés ayant épuisé leurs droits à congés
Vendredi 30 septembre dans l'après-midi, un groupe de salariés a implanté un SOS lumineux et clignotant, des lettres de 3 mètres de haut, au pied de la statue de la Vierge de Hayange. Cet appel au secours clignotera chaque soir jusqu'à rallumage des 2 hauts-fourneaux d'ArcelorMittal.
L'intersyndicale d'ArcelorMittal, les élus et les commerçants de la vallée de la Fensch ont organisé une opération "Vallée Morte" le samedi 1er octobre.
Très suivie par la population, la manifestation, rassemblant au moins 1300 personnes selon la police, est partie de la place de l'hôtel de Ville de Hayange jusqu'à l'Esplanade de la Liberté, face aux hauts-fourneaux pour la pose d'une plaque et un baptême symbolique.
Le P6, seul des deux haut-fourneaux d'ArcelorMittal encore en activité à Hayange a été arrêté le mardi 4 octobre après une dernière coulée (voir notre reportage) pour une période provisoire mais dont l'issue n'est pas encore connue.
Plus de 1500 salariés sont concernés par cette décision du géant de l'acier.
Samedi 8 octobre 2011, plusieurs centaines de salariés d'ArcelorMittal luxembourgeois, belges et de la vallée de la Fensch ont manifesté à Schifflange. Tous sont impactés par des décisions de fermetures provisoires de sites annoncées par le numéro 1 mondial de l'acier.
En fin de journée, les sidérurgistes français ont reçu la visite de François Hollande, en campagne en Lorraine à la veille du 1er tour de la primaire socialiste.
Les syndicats d'ArcelorMittal ont confirmé mercredi 12 octobre la fermeture définitive des haut-fourneaux du site de Liège mais veut développer la production d'acier d'emballage (packaging).
Au Luxembourg, et en Lorraine, l'inquiétude est grande.
En particulier à Florange où la filière d'emballage se sent désormais menacée.
Le site sidérurgique de Florange n'est pas le seul à être touché par les arrêts décidés par le groupe ArcelorMittal : 7 usines continentales sont concernées en Europe, 5 à 6.000 salariés directement impactés.
*Mercredi 19 octobre, le ministre de l'Industrie, Eric Besson, a annoncé sur France-Info avoir signé un permis d'exploration concernant ULCOS : "désormais nous demandons l'aide de l'Europe sur ce projet", a expliqué Eric Besson, qui a précisé que "le gouvernement français est prêt à débloquer 150 millions d'euros sur les 600 millions que coûterait le projet".
Depuis mercredi 2 novembre, l'intersyndicale CGT-FO-CFDT d'ArcelorMittal bloquait les travaux de construction d'une voie ferrée sur le site de Florange. Celle-ci devait permettre l'acheminement de brames d'acier en provenance de Dunkerque et destinées au Train à Chaud (TAC) de l'aciérie de Florange. Selon les syndicalistes, la quantité de brames qui serait transférée à Florange reviendrait à la production sur place d'un haut-fourneau comme le P6 dont ils dénoncent une nouvelle fois la fermeture.
Lundi 7 novembre, la direction a annoncé suspendre ces travaux.
Vendredi 4 novembre 2011, une délégation lorraine a été reçue au ministère à Paris, par Thomas Branche, directeur adjoint du cabinet d'Eric Besson. Elle était emmenée par François Marzorati le sous-préfet de Thionville et par des représentants de plusieurs syndicats : Alain Gatti et Edouard Martin pour la CFDT, Yves Fabbri et Denis Pesce pour la CGT, Alexandre Tott et Walter Broccili pour FO, Xavier Le Coq pour la CFE-CGC. Thomas Branche a expliqué aux lorrains que le ministre de l'industrie classait ULCOS en tête des cinq projets innovants qui seront présentés par la France à Bruxelles mardi 8 novembre 2011. Mais c'est la seule annonce qui a été faite à la délégation et les syndicalistes sont sortis déçus de cette rencontre.
Ce mardi 8 novembre 2011, le ministre de l'industrie Eric Besson avait rendez-vous à Bruxelles avec les 3 commissaires européens chargés de la concurrence (16h30), de l'industrie (18h30) et de l'action pour le climat (19h15).
Aux commissaires européens, il a présenté ULCOS et a tenté de convaincre les commissaires de son intérêt pour l'Europe afin d'arracher une aide (voir ci-dessous*) de la Commission Européenne pour financer ce projet de captation et stockage de C0² en sous-sol.
Il s'est dit serein à la sortie de ses échanges.Eric Besson recevait le lendemain mercredi 9 novembre 2011 à 16h30 les mosellans Patrick Weiten (DVD) et Anne Grommerch (UMP).
vendredi 25 novembre 2011
mardi 22 novembre 2011
Allemagne: hausse de salaire de 3,8% dans la métallurgie dès décembre
Le syndicat allemand IG Metall a annoncé mardi un accord avec le patronat sur une hausse de salaire de 3,8% dès décembre pour 75.000 salariés de la métallurgie dans l'ouest du pays, qui fera référence pour les 3 millions de salariés du secteur en Allemagne.
Ces négociations étaient considérées comme un test pour l'évolution des salaires dans la première économie européenne, aux prises avec la crise de la dette en zone euro.
L'accord trouvé dans la nuit de lundi à mardi prévoit une augmentation des salaires de 3,8% à partir du 1er décembre 2011, selon un communiqué. Il est valable jusqu'à la fin du moins de février 2013. IG Metall réclamait au départ 7% d'augmentation. Le syndicat et le patronat, qui dans la tradition sociale allemande décident sans intervention de l'Etat des rémunérations et des conditions de travail, ont par ailleurs convenu de nouvelles règles sur l'embauche des apprentis et sur l'assurance-retraite. Traditionnellement, l'accord négocié par IG Metall et le patronat pour les salariés de trois Etats régionaux de l'Ouest (Rhénanie du Nord-Westphalie, Basse-Saxe et Brême) fait office d'étalon pour les négociations salariales du secteur de la métallurgie dans le reste du pays, qui se dérouleront en 2012. D'ici fin 2012, toutes branches confondues, les salaires de 9 millions de personnes doivent faire l'objet de négociations en Allemagne. Les syndicats, qui ont accepté pendant des années de mettre en sourdine leurs revendications, notamment lors de la récession de 2009, ne veulent pas "rater le coche" de la reprise économique allemande. Le patronat fait lui valoir que cette reprise s'achève et que le temps de la modération salariale est revenu. Les syndicats bataillent actuellement en outre sur l'introduction d'un salaire minimum unique et généralisé dans tout le pays, qui marquerait une rupture dans la tradition sociale allemande. Michael Sommer, président de la confédération syndicale DGB qui chapeaute toutes les grandes centrales allemandes, s'est dit mardi "optimiste" sur l'introduction d'un salaire minimum "à relativement brève échéance", dans un entretien avec la chaîne de télévision publique ARD. "C'est aussi sûr que deux et deux font quatre", a-t-il ajouté, cette fois sur les ondes de la radio Deutschlandfunk. Il a toutefois critiqué le revirement du parti conservateur CDU d'Angela Merkel en la matière. "Un salaire minimum tel que le propose la CDU, cela ne va pas", a dit M. Sommer. La CDU, rompant avec sa ligne, s'est récemment dit favorable à un salaire minimum. Avant d'estimer finalement qu'il pouvait varier selon les branches et être négocié au cas par cas entre partenaires sociaux. Les syndicats réclament eux un salaire minimum unique, valant pour tous les métiers.
AFP
Ces négociations étaient considérées comme un test pour l'évolution des salaires dans la première économie européenne, aux prises avec la crise de la dette en zone euro.
L'accord trouvé dans la nuit de lundi à mardi prévoit une augmentation des salaires de 3,8% à partir du 1er décembre 2011, selon un communiqué. Il est valable jusqu'à la fin du moins de février 2013. IG Metall réclamait au départ 7% d'augmentation. Le syndicat et le patronat, qui dans la tradition sociale allemande décident sans intervention de l'Etat des rémunérations et des conditions de travail, ont par ailleurs convenu de nouvelles règles sur l'embauche des apprentis et sur l'assurance-retraite. Traditionnellement, l'accord négocié par IG Metall et le patronat pour les salariés de trois Etats régionaux de l'Ouest (Rhénanie du Nord-Westphalie, Basse-Saxe et Brême) fait office d'étalon pour les négociations salariales du secteur de la métallurgie dans le reste du pays, qui se dérouleront en 2012. D'ici fin 2012, toutes branches confondues, les salaires de 9 millions de personnes doivent faire l'objet de négociations en Allemagne. Les syndicats, qui ont accepté pendant des années de mettre en sourdine leurs revendications, notamment lors de la récession de 2009, ne veulent pas "rater le coche" de la reprise économique allemande. Le patronat fait lui valoir que cette reprise s'achève et que le temps de la modération salariale est revenu. Les syndicats bataillent actuellement en outre sur l'introduction d'un salaire minimum unique et généralisé dans tout le pays, qui marquerait une rupture dans la tradition sociale allemande. Michael Sommer, président de la confédération syndicale DGB qui chapeaute toutes les grandes centrales allemandes, s'est dit mardi "optimiste" sur l'introduction d'un salaire minimum "à relativement brève échéance", dans un entretien avec la chaîne de télévision publique ARD. "C'est aussi sûr que deux et deux font quatre", a-t-il ajouté, cette fois sur les ondes de la radio Deutschlandfunk. Il a toutefois critiqué le revirement du parti conservateur CDU d'Angela Merkel en la matière. "Un salaire minimum tel que le propose la CDU, cela ne va pas", a dit M. Sommer. La CDU, rompant avec sa ligne, s'est récemment dit favorable à un salaire minimum. Avant d'estimer finalement qu'il pouvait varier selon les branches et être négocié au cas par cas entre partenaires sociaux. Les syndicats réclament eux un salaire minimum unique, valant pour tous les métiers.
AFP
mardi 15 novembre 2011
lundi 7 novembre 2011
Article du RÉPUBLICAIN LORRAIN
Gandrange, Florange, Ulcos: la figure de proue de la CFDT, chez ArcelorMittal, crève l'écran depuis les dernières grandes batailles pour la survie de la sidérurgie. Il dit croire encore en des lendemains qui chantent.

Alain Morvan (Le Républicain lorrain)
Furibard, il pousse la porte de cette pizzeria de Thionville remonté comme un coucou. «Marre de griller mon forfait pour un service client qui se moque du monde», peste Edouard Martin, en s'asseyant et en commandant «une blonde». Trois fois qu'il plante son iPhone 4S. À la clé, des centaines de contacts téléphoniques qui s'évanouissent en fumée. «Une mine d'or. Vingt ans d'engagement. J'espère que ça va s'arranger», souffle-t-il, un peu apaisé. Il est comme ça, le syndicaliste d'ArcelorMittal: une alternance de calme et de tempête, d'élans et d'introspections, de sang-froid et d'ébullition. «Il n'est pas espagnol pour rien», ironise doucement Marcel Thiel, compatriote cédétiste de Florange, qui le connaît bien pour avoir mené tant de combats, de Gandrange à Florange et au comité d'entreprise européen du géant de l'acier, Mittal. «On s'est souvent crêpé le chignon; tout le monde n'est pas capable comme lui d'aller à 200 km/h. C'est un passionné, un affectif avec ses bons et mauvais côtés. Je sais qu'il agace.»
Un monstre froid
C'est pourtant «sa gueule» qui attire l'attention au premier abord, comme le dit Michel Liebgott. Taille moyenne, cheveux courts poivre et sel, visage taillé à la serpe, de l'aisance dans le discours, une évidente télégénie. Façon Xavier Mathieu, charismatique leader CGT des Conti (Continental) devenu acteur. «Qualité des analyses, connaissance des dossiers mais aussi faculté à provoquer. Il sert toute une histoire commune, celle de la sidé lorraine», synthétise le député-maire de Fameck, Michel Liebgott, dont il a régulièrement l'oreille. «Qui est Mittal? Un monstre froid. Edouard? C'est le SOS au pied de la Vierge, au-dessus de Hayange», esquisse l'élu de la vallée.
L'enfant de Padul, près de Grenade, un sud de l'Espagne pauvrissime, déboule «en sandales dans la neige», en Lorraine, à la fin de l'hiver 1971. Rêve de trouver un job chez Citroën, mais tombe en extase devant les brames rouge-vif du laminoir à chaud où son père l'expédie parce que la priorité, c'est bosser. «Pourtant, je haïssais la vie de mon père, les 3-8, tout ça…», avoue celui qui tient l'héritage de la classe ouvrière.
Aiguillon et tête à gnons. Il assume. Tout. Les politiques qui se bousculent à Gandrange en 2008, comme à un guichet électoral automatique. «Gandrange, c'était Lourdes pour les croyants; fallait venir! Ségolène Royal, ça m'a permis de l'affranchir sur pas mal d'idées fausses. Faut pas oublier que les politiques nous ont apporté une visibilité médiatique. Mais on n'était pas dupe.» Ah, Sarkozy! Une autre histoire. Les fausses promesses des noces d'acier; le premier à être venu au chevet des sidérurgistes, les mensonges d'une razzia industrielle d'un président bling-bling aux poches vides, qui se cogne le nez dans un haut fourneau. «J'oublierai jamais cette phrase: "On ne vous laissera pas tomber; avec ou sans Mittal, l'État investira ici!" Il s'est bien foutu de nous…» Contradictoire. «Pendant son discours, ses proches conseillers devenaient blêmes. C'était un mois après avoir dit que les caisses étaient vides. Il a voulu se refaire une santé sur le dos des salariés de Gandrange.» À la fin de son discours, Nicolas Sarkozy a été ovationné. «Tellement de gens l'ont cru.» La politique, Edouard Martin y croit pourtant encore. Il plaide pour «une Europe plus forte». Prêche contre l'actuelle, vendue aux grands groupes, ultralibérale. Albert Leglois, camarade cégétiste, le tacle sans retenue: «Il brasse beaucoup de vent. Lors de la soupe populaire à Hayange, il a dit qu'il fallait donner des signes aux marchés financiers, alors qu'on est dans la merde à cause d'eux. Il rate pas une occase d'être contradictoire.»
À gauche, résolument. CFDT, tendance ligne dure. Mélenchon, en campagne en Lorraine, a été bluffé il y a une semaine: «Ici, le plus virulent, c'est pas le camarade de la CGT, dites donc!»
Il y a laissé des plumes dans le combat pied à pied, poing à poing. Dans sa vie personnelle aussi, faut-il comprendre entre les lignes. «La sidé continentale a de l'avenir», professe Edouard, revenu à son obsession. Le lecteur de Balzac a néanmoins conscience des limites de sa propre comédie humaine. Il cite Coluche: «Comme pour les Restos du cœur, j'aspire à ce qu'on n'ait plus besoin de moi; ça voudra dire qu'on a gagné.» Les affaires reprennent, son smartphone se réveille. Le combat continue..
Alain Morvan (Le Républicain lorrain)
Furibard, il pousse la porte de cette pizzeria de Thionville remonté comme un coucou. «Marre de griller mon forfait pour un service client qui se moque du monde», peste Edouard Martin, en s'asseyant et en commandant «une blonde». Trois fois qu'il plante son iPhone 4S. À la clé, des centaines de contacts téléphoniques qui s'évanouissent en fumée. «Une mine d'or. Vingt ans d'engagement. J'espère que ça va s'arranger», souffle-t-il, un peu apaisé. Il est comme ça, le syndicaliste d'ArcelorMittal: une alternance de calme et de tempête, d'élans et d'introspections, de sang-froid et d'ébullition. «Il n'est pas espagnol pour rien», ironise doucement Marcel Thiel, compatriote cédétiste de Florange, qui le connaît bien pour avoir mené tant de combats, de Gandrange à Florange et au comité d'entreprise européen du géant de l'acier, Mittal. «On s'est souvent crêpé le chignon; tout le monde n'est pas capable comme lui d'aller à 200 km/h. C'est un passionné, un affectif avec ses bons et mauvais côtés. Je sais qu'il agace.»
Un monstre froid
C'est pourtant «sa gueule» qui attire l'attention au premier abord, comme le dit Michel Liebgott. Taille moyenne, cheveux courts poivre et sel, visage taillé à la serpe, de l'aisance dans le discours, une évidente télégénie. Façon Xavier Mathieu, charismatique leader CGT des Conti (Continental) devenu acteur. «Qualité des analyses, connaissance des dossiers mais aussi faculté à provoquer. Il sert toute une histoire commune, celle de la sidé lorraine», synthétise le député-maire de Fameck, Michel Liebgott, dont il a régulièrement l'oreille. «Qui est Mittal? Un monstre froid. Edouard? C'est le SOS au pied de la Vierge, au-dessus de Hayange», esquisse l'élu de la vallée.
L'enfant de Padul, près de Grenade, un sud de l'Espagne pauvrissime, déboule «en sandales dans la neige», en Lorraine, à la fin de l'hiver 1971. Rêve de trouver un job chez Citroën, mais tombe en extase devant les brames rouge-vif du laminoir à chaud où son père l'expédie parce que la priorité, c'est bosser. «Pourtant, je haïssais la vie de mon père, les 3-8, tout ça…», avoue celui qui tient l'héritage de la classe ouvrière.
Aiguillon et tête à gnons. Il assume. Tout. Les politiques qui se bousculent à Gandrange en 2008, comme à un guichet électoral automatique. «Gandrange, c'était Lourdes pour les croyants; fallait venir! Ségolène Royal, ça m'a permis de l'affranchir sur pas mal d'idées fausses. Faut pas oublier que les politiques nous ont apporté une visibilité médiatique. Mais on n'était pas dupe.» Ah, Sarkozy! Une autre histoire. Les fausses promesses des noces d'acier; le premier à être venu au chevet des sidérurgistes, les mensonges d'une razzia industrielle d'un président bling-bling aux poches vides, qui se cogne le nez dans un haut fourneau. «J'oublierai jamais cette phrase: "On ne vous laissera pas tomber; avec ou sans Mittal, l'État investira ici!" Il s'est bien foutu de nous…» Contradictoire. «Pendant son discours, ses proches conseillers devenaient blêmes. C'était un mois après avoir dit que les caisses étaient vides. Il a voulu se refaire une santé sur le dos des salariés de Gandrange.» À la fin de son discours, Nicolas Sarkozy a été ovationné. «Tellement de gens l'ont cru.» La politique, Edouard Martin y croit pourtant encore. Il plaide pour «une Europe plus forte». Prêche contre l'actuelle, vendue aux grands groupes, ultralibérale. Albert Leglois, camarade cégétiste, le tacle sans retenue: «Il brasse beaucoup de vent. Lors de la soupe populaire à Hayange, il a dit qu'il fallait donner des signes aux marchés financiers, alors qu'on est dans la merde à cause d'eux. Il rate pas une occase d'être contradictoire.»
À gauche, résolument. CFDT, tendance ligne dure. Mélenchon, en campagne en Lorraine, a été bluffé il y a une semaine: «Ici, le plus virulent, c'est pas le camarade de la CGT, dites donc!»
Il y a laissé des plumes dans le combat pied à pied, poing à poing. Dans sa vie personnelle aussi, faut-il comprendre entre les lignes. «La sidé continentale a de l'avenir», professe Edouard, revenu à son obsession. Le lecteur de Balzac a néanmoins conscience des limites de sa propre comédie humaine. Il cite Coluche: «Comme pour les Restos du cœur, j'aspire à ce qu'on n'ait plus besoin de moi; ça voudra dire qu'on a gagné.» Les affaires reprennent, son smartphone se réveille. Le combat continue..
mercredi 26 octobre 2011
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