jeudi 25 octobre 2012

Arcelormittal: Discours d'ORSONI devant les sidérurgistes le 25 10 2012

Arcelormittal: Nicolas DUPONT-AIGNAN et J.L. MASSON à Florange le 25 10 2012

À Florange, l’avenir est dans l’automobile ...

Pas une fois, Henri-Pierre Orsoni, nouveau patron de la Sté ArcelorMittal Atlantique-Lorraine, n’a prononcé le mot de « fermeture ». Pour lui, la filière liquide fait déjà partie du passé. Place au nouveau projet.

Pour Henri-PIerre Orsoni, la question est : « Est-ce qu’on veut que Florange et AMAL soient une réussite ? Je suis convaincu qu’il faut sortir de cette crise par le haut. » Photo Gilles WIRTZ
Un nouveau projet pour Florange ? Pas seulement. Un nouveau projet pour toute la Sté ArcelorMittal Atlantique-Lorraine. Huit établissements, 8000 salariés, six millions de tonnes de produits livrés chaque année. Et désormais un seul homme à sa tête, Henri-Pierre Orsoni. Florange y compris.
Comment diriger un ensemble aussi gigantesque ?
Henri-Pierre ORSONI : « Cela a du sens. Je suis un homme de l’acier. J’ai fait toute ma carrière dans la sidérurgie. Voilà trois ans que je préside le Comité central d’entreprise et je connais bien Florange. Ma volonté est de réussir l’intégration des deux bassins Atlantique et Lorraine. »
Un an d’incertitude et de conflit, une usine coupée en deux avec l’annonce de l’arrêt de la filière liquide, des hommes meurtris… Comment remonter tout ça ?
« Je ne veux pas juger du passé. Ce qui s’est produit a été difficile à vivre pour tout le monde. Maintenant, il faut regarder devant, comprendre que nous sommes tous liés par une chaîne industrielle commune. Chaque établissement a besoin de l’autre. »
Quelles sont vos priorités ?
« J’en ai deux. Faire travailler les gens ensemble. Qu’ils apprennent à s’écouter mutuellement et échanger l’information. Pour cela, je veux créer des départements communs au niveau de l’ingénierie, de l’informatique, de la qualité ou la finance. Ce sont eux qui permettront d’accompagner le projet Atlantique et Lorraine. »
Une façon aussi de rationaliser les coûts ?
« Non. La productivité n’est pas le propos. Le propos, c’est de soutenir un projet industriel. Les équipe réparties sur différents sites doivent apprendre à travailler ensemble.»
Quelle est votre deuxième priorité ? Le projet industriel ?
«Travailler sur les filières de production. Attaquer les bons segments de marché qui se vendent. Développer pour chacun, une filière industrielle avec des baisses de coûts de production et de logistique, mais aussi travailler avec les commerciaux et la Recherche et Développement. »
C’était justement toute la force de Florange, l’accompagnement de sa clientèle automobile sur des aciers d’avant-garde.
« Les clients nous demandent ce qu’il nous arrive. Et nous cherchons à les rassurer, à assurer les dates de livraison. Ils ne remettent pas en cause la qualité des produits et services de Florange qui a toujours su faire. Florange est très bien placé pour l’automobile en Allemagne. L’Usibor à grande largeur est un segment porteur et Florange sera moteur dans ce projet. Notre ambition est de passer de 250 000 tonnes actuellement (avec Mouzon et Dudelange) à 500 000 tonnes d’ici 2015. Nous devons développer les produits du futur. L’avenir de Florange est dans l’automobile. Ça a été son point fort et ça doit le rester. ArcelorMittal en Europe détient une part de marché de 45%.»
Et le packaging ?
« Il fait partie des problèmes à régler. Je pense que nous devons être créatifs dans le statu quo. Le problème est d’être compétitif face à ThyssenKrupp. Il faut faire avec nos atouts et notre savoir-faire. »
Ne pas aller à la rencontre des syndicats, n’est-ce pas une erreur stratégique ?
« On n’est pas obligé de bloquer le site pour me voir. J’ai prévu, bien sûr, de rencontrer les représentants du personnel. Une de mes priorités est de rétablir un dialogue social dans de bonnes conditions. Mais je sais que ça prendra du temps.»
Propos recueillis par Lucie BOUVAREL et Laurence SCHMITT. 

Pascal Faure : « On a de l’espoir »

Chargé de trouver un repreneur pour les hauts fourneaux, Pascal Faure reste très prudent. Une centaine d’entreprises ont été contactées.
Trois semaines de recherche d’un repreneur. Où en sont vos investigations ?
Pascal FAURE, mandaté par le gouvernement : « Un préalable sur la méthode : dans ce processus qui concerne des entreprises cotées en Bourse, il y a toujours des accords de confidentialité qui sont passés, ce qui fait que je ne peux pas dévoiler de noms d’entreprise. Ces gens-là arrêteraient immédiatement toute procédure si on évoquait leur présence. On a vraiment mobilisé l’ensemble des moyens de l’Etat permettant une recherche élargie sur tous les continents, notamment le réseau de l’AFII, l’Agence française des investissements internationaux et les ambassades des principaux pays dans lesquels se trouvent des entreprises sidérurgiques. »
Combien avez-vous eu de contacts ?
« On a mis en place un processus méthodique très professionnel, qui respecte les règles des milieux d’affaires pour la recherche de repreneur. Les entreprises qui manifestent un intérêt signent un accord de confidentialité. Dès lors, des documents plus précis sont fournis. Si l’entreprise confirme son intérêt, elle rédige une lettre d’intention. Elle peut alors même voir le site. Aujourd’hui, on a fait une recherche très large, on a contacté une centaine d’entreprises dans plus d’une trentaine de pays, sur tous les continents. Dans la centaine, il y a un peu toutes les tailles. L’acier peut intéresser des entreprises lointaines, qui souhaitent trouver des débouchés en Europe. On a commencé à discuter. On saura fin novembre si des candidats vont au bout de la procédure. »
Le projet de cession inclut-il le train à chaud ?
« Non. Le projet inclut le périmètre des hauts fourneaux, de la cokerie et de l’agglomération, et de l’aciérie en aval. Les sidérurgistes connaissent leur sujet et sont bien conscients qu’il faudra investir pour relancer les hauts fourneaux, comme je l’avais dit dans mon rapport. C’est sûr que le périmètre de la filière chaude n’est pas le plus simple à vendre. Je ne peux pas préjuger des offres que les candidats feront, sachant que in fine, il s’agira d’un accord entre le vendeur, ArcelorMittal et l’éventuel repreneur. »
Bruxelles aurait demandé à l’Etat français s’il soutenait toujours le projet Ulcos de Florange. Qu’en est-il ? Est-ce un argument pour trouver un repreneur ?
« Absolument. L’Etat a confirmé son soutien à ce projet. En tout cas, l’Etat s’était engagé à le soutenir et ceci a été explicitement confirmé par le gouvernement et le ministre Arnaud Montebourg. Ulcos remonterait dans la sélection car d’autres projets européens n’ont pas été confirmés, mais je ne sais pas à quel rang il se situe ( NDLR : il serait en troisième position). Le meilleur argument pour trouver un repreneur, c’est le fait d’avoir un outil industriel qui a des clients. Cela dit, on a de l’espoir sinon nous ne serions pas engagés et mobilisés comme nous le sommes. J’ai vu beaucoup de sidérurgistes. Très honnêtement, tout est possible. »

jeudi 18 octobre 2012

Sidérurgie : l’appel à la mobilisation des élus ...


Oui, pour peu qu’on s’y attelle, la sidérurgie dispose d’un avenir en Lorraine. Fort de cette certitude, le Cesel en appelle à la mobilisation des élus. Sauver Florange, mais pas seulement...

Dans les années 60, la Lorraine produisait 400 millions de tonnes d’acier, pour 1,5 milliard de tonnes aujourd’hui. On devrait avoisiner les 2 milliards de tonnes en 2024 ». Preuve pour Gilbert Krausener que la Lorraine sidérurgique n’est pas encore de l’histoire ancienne. Et rien ne la condamne à n’être qu’ « une variable d’ajustement ». Alors, certes, son avenir s’inscrit dans une logique « de produits de niche », explique le rapporteur de la situation économique et sociale du Cesel. À ce titre, la Lorraine ne manque pas d’atouts. Même si, entre 2000 et 2010, elle apparaît, de toutes les régions, celle qui a détruit le plus d’emplois industriels, notamment dans la métallurgie. La France ne représente plus que 9 % de la production européenne d’acier et son commerce extérieur est, dans ce domaine, déficitaire de 61 M€. Sur les 2 Md€ investis par Arcelor depuis l’entrée en scène de Mittal, il y a cinq ans en Moselle, seuls 10 % l’ont été à Florange…
Roger Cayzelle, président du Cesel, en appelle à la mobilisation générale. « Il faut obtenir d’ArcelorMittal l’extension au laminage à chaud de la cession et une prolongation du délai de recherche d’un repreneur, si cela s’avère nécessaire », juge-t-il. Le même suggère un phasage du projet Ulcos permettant tout d’abord de convertir une partie des rejets de CO 2 pour réduire la facture énergétique de l’installation industrielle. Autant d’interrogations qui doivent, à ses yeux, nourrir la réflexion entreprise par Michel Dinet sur la Lorraine à l’horizon 2020, en débat le 8 novembre dans l’hémicycle régional.

« Silence assourdissant »

Fustigeant « la défaillance totale » de l’Union européenne, « qui a laissé Mittal développer sa stratégie sans rien lui demander », Cayzelle pointe « le silence assourdissant » des élus lorrains, au premier rang desquels il cible, sans toutefois le nommer, l’exécutif régional. « Il faut se battre, notre région n’est pas exsangue », exhorte-t-il en rappelant qu’ArcelorMittal incarne 22 % des dépenses de R & D privée en Lorraine. « L’exemple de nos voisins sarrois montre qu’il n’y a pas de fatalité, dès lors que la sidérurgie est à proximité de son marché, sur une niche et que les investissements nécessaires au maintien de la compétitivité sont assurés ».
Et si d’aventure, ce monde-là s’écroulait, avec la confirmation de l’arrêt définitif du P6, les Lorrains seraient en droit de réclamer des compensations à l’État. Roger Cayzelle et Gilbert Krausener le souhaitent. « Après tout, lors de la crise de 2004, nous avions obtenu l’Inist et Supelec », tranche le second. Sauf que la Lorraine attend toujours la concrétisation des compensations promises suite à la réforme de la carte militaire.
Xavier BROUET.

lundi 15 octobre 2012

Florange: négociations reportées


Les négociations sur un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) à l'aciérie ArcelorMittal de Florange (Moselle), qui devaient s'ouvrir mardi à Metz à la demande de la direction, ont été reportées à début décembre, a-t-on appris lundi auprès des syndicats du site.

"L'intersyndicale CFDT-CGT-FO, qui avait refusé de participer à ces négociations dès l'annonce de la fermeture des deux hauts-fourneaux de l'usine (le 1er octobre), a demandé que soit respecté le délai de 60 jours donné par le groupe au gouvernement pour trouver un repreneur", a indiqué à l'AFP le responsable de la CFDT, Edouard Martin.

"Nous n'avons reçu aucune invitation pour l'ouverture des négociations sur le PSE", a confirmé Walter Broccoli, le leader de FO. "De toutes façons, l'intersyndicale avait décidé de boycotter la date du 16 octobre que la direction a essayé d'imposer", a-t-il ajouté.

La fermeture définitive des hauts-fourneaux de Florange, à l'arrêt depuis 14 mois, concerne directement 629 des 2.500 salariés du site mosellan. Selon les syndicats, elle devrait également "fortement impacter" les services "supports", énergie, maintenance et achats ainsi que les 160 fournisseurs et sous-traitants, et les 405 intérimaires du site. La direction d'ArcelorMittal avait invité les syndicats à participer à la réunion du 16 octobre pour, avait-elle précisé, "mener un processus de dialogue social exemplaire".

Pascal Faure, l'expert chargé par le gouvernement de trouver un repreneur, a récemment déclaré au quotidien Le Monde cibler "une grosse dizaine" d'industriels susceptibles d'acquérir les hauts-fourneaux et la cokerie de Florange.
Les syndicats dénoncent la décision du groupe de ne céder qu'une partie des installations de l'aciérie qui, selon eux, "n'intéressera aucun repreneur".