mardi 18 septembre 2012

ArcelorMittal renonce à investir dans son site de Liège


BRUXELLES (Reuters) - ArcelorMittal a annoncé lundi renoncer à un plan d'investissement de 138 millions d'euros pour son site de Liège, en Belgique, qui se voit ainsi menacé d'une fermeture définitive.
Le numéro un mondial de l'acier avait annoncé en octobre 2011 la fermeture des deux hauts-fourneaux et de la fonderie sur le site, ce qui devait entraîner 500 pertes d'emplois selon les syndicats. Il avait cependant proposé d'investir dans le maintien d'une activité sidérurgique à Liège, permettant ainsi de préserver 2.000 emplois, mais à condition de négocier un accord sur la fermeture des opérations dites de phase liquide.
ArcelorMittal a fait savoir lundi qu'il n'était pas parvenu à s'entendre avec les organisations syndicales sur les modalités des suppressions d'emplois et qu'il abandonnait en conséquence son plan d'investissement.
Pour Jordan Atanasov, secrétaire régional du syndicat ACV-CSC Metea, cette décision pourrait signifier la fermeture définitive du site à un horizon de deux ou trois ans.
Le syndicat libéral CGSLB a de son côté dénoncé des "pratiques d'un autre siècle", accusant ArcelorMittal de pratiquer du chantage afin d'imposer ses conditions pour l'arrêt de certaines activités.
ArcelorMittal, qui emploie actuellement 2.800 personnes à Liège, a dit regretter qu'un accord social n'ait pu être conclu en 11 mois.
Le site liégeois, a-t-il ajouté, a accusé une perte d'exploitation de 427 millions d'euros sur les quatre derniers trimestres.
Philip Blenkinsop, Véronique Tison pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat.

dimanche 16 septembre 2012

Sidérurgie: Edouard MARTIN et Anne GROMMERCH

Conflit entre syndicats et direction à ArcelorMittal Liège: 2.000 emplois supprimés?


La situation était très tendue ce vendredi au siège de la direction d'Arcelor Mittal à Liège. Des négociations ont eu lieu entre les syndicats et la directeur, mais elle ont dû être interrompues.

De vives tensions se font sentir ce vendredi soir au sein du groupe ArcelorMittal à Liège. Il y a près d'un an, la direction annonçait la fermeture de la phase à chaud et la perte de 581 emplois. Depuis la procédure Renault a été enclenchée, mais les syndicats ont introduit des recours. Samule Ledoux Bonsoir, face au blocage de la situation, la direction lance un véritable ultimatum aux syndicats ?
La direction menace
La direction d’ArcelorMittal Liège a imposé un dernier ultimatum et menace les travailleurs. Si aucun accord n’est trouvé rapidement et si les différentes délégations n’acceptent pas la phase Renault, la direction a déjà annoncé qu’elle supprimera les 538 millions d’euros d’investissement prévu dans les prochaines années. Elle bloquera également la phase à froid à Liège.

Perte de 2.000 emplois
Cette fermeture serait synonyme de la fin de la sidérurgie du bassin liégeois et de la perte d’environ 2.000 emplois. Les syndicats sont en colère. "Je trouve ça totalement inadmissible de mettre les travailleurs au pied du mur, avec des menaces et du chantage, et ça on ne peut pas l’accepter. Ce que nous voulons, c’est négocier un plan industriel et le meilleur volet social qui puisse exister pour les travailleurs. On est prêt à se mettre autour de la table. La direction, avant de commencer à discuter, veut établir un accord où l’on a un costume très serré", a indiqué David Camerini, président de la délégation CSC ArcelorMittal Liège, au micro de Samuel Ledoux pour RTL TVI.

Les travailleurs lésés
Même son de cloche du côté de la FGTB Métal Liège. "La seule chose qui est sûre, c’est que si on accepte un accord tel qu’il est aujourd’hui, les travailleurs que nous représentons seront complètement lésés parce que nous n’aurons aucune possibilité de pouvoir négocier sereinement le schéma industriel et le plan social", a expliqué Jean-Luc Lallemand, le vice-président.
Reprise des négociations lundi
La réunion a été suspendue peu après 19h car les négociations étaient difficiles et tendues, "et l’on a préféré couper court aux négociations", a précisé Samuel Ledoux. Tout le monde devrait se revoir ce lundi pour un bras de fer qui s’annonce difficile entre les syndicats et la direction d’ArcelorMittal Liège.

samedi 15 septembre 2012

Arcelormittal Florange : nouveau blocage en attendant Montebourg

Hier, l’intersyndicale CFDT-CGT-FO de l’usine sidérurgique de Florange a bloqué les installations d’expédition du sous-traitant Gepor. Arnaud Montebourg envisagerait de venir à leur rencontre. « Avec des annonces positives ? »


Avec ou sans Mittal, l’État doit garantir le redémarrage immédiat des hauts-fourneaux, le maintien du packaging et de tous les emplois. Sur la façade de son local, à deux pas du siège d’Arcelormittal Florange, le message de l’intersyndicale CFDT-CGT-FO est on ne peut plus clair. « Par contre, on ne sait toujours pas ce que le gouvernement compte faire », s’impatientent ses représentants qui, depuis quatorze longs mois, se battent pour la survie de l’ensemble de l’usine sidérurgique.
Jeudi à 21h, tous ont eu l’espoir d’obtenir, enfin, « desinformations concrètes » quand le député Liebgott, « missionné par Arnaud Montebourg », a demandé à les recevoir. « Hélas, la seule précision qu’on nous ait donnée est que le ministre du Redressement productif est toujours en pourparlers avec Mittal . » Quelques heures seulement après la levée du siège des Grands-Bureaux, les représentants des salariés, déçus, s’interrogent.
« Alors qu’il devait nous recevoir à la mi-septembre, le ministre souhaiterait carrément venir nous voir. On espère que ce n ’est pas simplement pour valoriser la ligne de galvanisationet laisser fermer le reste !», espère Yves Fabbri.

D’ici quinze jours ?

Lassé des promesses non tenues de la direction de pérenniser leur outil de travail, le leader CGT réclame une véritable politique industrielle. « D’autant plus que le rapport Faure, commandé par l’État, conforte notre position : notre site intégré est viable », appuie Serge Banquart pour la CFDT.
Contacté hier, Michel Liebgott a expliqué avoir rendu compte à Arnaud Montebourg de « l’exaspération » des syndicalistes d’ArcelorMittal Florange redoutant de plus en plus un plan social. « Le ministre travaille à sauver un maximum d’emplois. S’il ne s’agissait que de préserver la filière automobile, il l’aurait déjà annoncé. En accord avec le rapport Faure, lui non plus ne veut rien lâcher », assure le député de Thionville-Ouest. Selon lui, le ministre aurait simplement besoin « d’encore une quinzaine de jours » pour solutionner ce dossier sensible.
« Si l’on ne parvient pas à convaincre Mittal d’investir à Florange, la loi, une fois votée, permettra de trouver un repreneur à l’usine. D’après Arnaud Montebourg, elle ferait déjà réfléchir un certain nombre d’actionnaires et d’entrepreneurs. »
En attendant, le pari n’est pas encore gagné et l’intersyndicale le sait bien.
Plus que jamais dans l’action, elle a occupé toute la journée d’hier les halles 25 et 26 du portier Sainte-Agathe, empêchant l’expédition de bobines vers deux usines à Luxembourg et Mouzon, dans les Ardennes. Une action bien ciblée.

Des tonnes de bobines d’acier non livrées

« En cette veille de week-end, on a toujours plus de camions qui viennent charger, soulignent Bernard et Thierry, de la CGT. Une rame de huit wagons et quatre ponts roulants du sous-traitant Gepor sont également à l’arrêt. Et aucune tôle ne sera laminée sur la ligne "skin". »
Le but de la manœuvre une fois de plus ? « Rappeler qu’on n’ est pas mort ! Qu’on ne regrette aucune action », insistent Jean Mangin (CGT) et Luïs De Freitas (CFDT). « On se battra jusqu’au bout tant qu’il reste une lueur d’espoir ! »
Virginie DEDOLA.